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Un plaidoyer silencieux pour Gaza : la souffrance et l’attente de justice pour mon peuple.

  • 22 févr.
  • 8 min de lecture

Sous les yeux du monde entier, mon peuple à Gaza endure l’une des crises humanitaires les plus graves des temps modernes. La tragédie qui se déroule dans cette étroite bande de terre ne peut être résumée au seul bruit des bombes, ni aux chiffres des victimes. Des enfants affamés, des familles déplacées, des patients sans médicaments et des hôpitaux s’effondrant sous le poids de services essentiels épuisés font tous face à une épreuve quotidienne, implacable.



Depuis le soi-disant cessez-le-feu partiel du 11 octobre, aucun véritable apaisement n’a été atteint. Ce « cessez-le-feu » n’était qu’une mascarade maladroitement mise en scène, incapable de mettre fin aux tueries ou aux destructions, et n’offrant aucune protection aux civils. En l’espace de seulement 24 heures, cinq personnes ont été tuées et cinq blessées dans des hôpitaux, tandis que beaucoup d’autres restent piégées sous les décombres, inaccessibles et oubliées.


Les rapports quotidiens du ministère palestinien de la Santé à Gaza révèlent l’ampleur de la catastrophe : depuis le début de l’offensive, le 7 octobre 2023, 72 037 personnes ont été tuées et 171 666 blessées. Ces chiffres n’incluent pas environ 20 000 personnes disparues sous les décombres, sans laisser de trace. Ces nombres ne sont pas de simples statistiques ; chacun représente un être humain, une famille, un enfant qui a perdu son foyer, une vie effacée.


La souffrance va bien au-delà des bombardements. Elle comprend la faim, le froid, les maladies et le manque d’eau potable. Selon les Nations unies, 1,6 million de personnes — soit environ 77 % de mon peuple — sont confrontées à une insécurité alimentaire grave, tandis que plus de 100 000 enfants et 37 000 femmes enceintes ou allaitantes souffrent de malnutrition aiguë. Les enfants passent des jours sans nourriture suffisante, et les vagues de froid ainsi que les inondations dans les camps de réfugiés aggravent les conditions de vie, dans un contexte de pénurie d’abris adéquats et de chauffage. L’eau potable est devenue un luxe, tandis que les réseaux d’eau et d’assainissement endommagés ou hors service obligent les habitants à recourir à des sources contaminées, les exposant à des maladies mortelles. Les pénuries de médicaments et de fournitures médicales laissent les hôpitaux incapables de faire face à la crise.


Les tueries à Gaza sont calculées, non aléatoires. Des rapports de surveillance militaire indiquent que des avions israéliens ont largué une bombe MK-84 de 2 000 livres, équipée du système de guidage JDAM de Boeing, sur le quartier de Zeitoun. Il ne s’agit pas de bombes primitives, mais de munitions guidées de précision, capables de frapper des cibles avec une grande exactitude par tous les temps, jusqu’à 28 kilomètres de distance. Les attaques sont délibérées, mesurées et ciblées.

Lorsque de telles bombes sophistiquées sont utilisées dans des quartiers détruits, densément peuplés, et contre des personnes vivant dans des tentes faites de bâches en plastique ou sous des toits déjà détruits, toute affirmation de « dommages collatéraux » devient une tromperie linguistique. Le résultat est prévisible : destruction massive, tueries de masse et effacement de communautés entières. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont tous des victimes potentielles de la force brute. Les écoles, les hôpitaux et les abris ne sont plus des refuges sûrs ; les civils n’ont nulle part où fuir la certitude de la mort.


La destruction ne s’arrête pas aux frontières de Gaza. Des rapports révèlent des projets du service pénitentiaire israélien visant à appliquer la peine de mort contre des prisonniers palestiniens après l’adoption d’une loi spéciale. Le plan comprend la création d’un complexe d’exécution séparé, la réalisation de pendaisons dans les 90 jours suivant la condamnation, et l’isolement des condamnés des autres détenus.


Cette peine viserait d’abord ceux qu’Israël qualifie de « membres d’élite », puis des prisonniers de Cisjordanie qui seraient arrêtés par la suite. Une délégation se prépare même à se rendre en Asie de l’Est pour étudier les procédures d’exécution. Ce n’est pas de la justice ; c’est une liquidation systématique, conçue pour briser l’esprit de mon peuple et démanteler la société par la mise à mort directe et légale.


Ce qui se produit est l’effacement total de l’être humain palestinien. À Gaza, mon peuple est tué sous les bombardements ; dans les prisons, il est exécuté par la loi ; dans le discours international, il est réduit à des chiffres ou entièrement effacé. Les civils vivent dans une peur constante, souffrant de la faim, du froid et de la privation des droits humains fondamentaux. Les enfants ayant perdu leurs parents ou leur maison font face à des traumatismes psychologiques incommensurables, tandis que les femmes et les personnes âgées vivent dans la crainte permanente de la mort ou du déplacement.


Au milieu de cette tragédie, l’Initiative citoyenne européenne n° 055 est apparue comme un outil clé permettant aux citoyens européens d’influencer la politique de l’UE sur Gaza. Elle permet de recueillir un million de signatures provenant d’au moins sept pays européens, obligeant la Commission européenne à examiner formellement la demande. L’initiative appelle à la suspension de l’accord d’association UE-Israël, qui exige le respect des droits humains, jusqu’à ce que la conformité d’Israël aux normes humanitaires soit vérifiée.

L’objectif de cette initiative est clair : c’est un outil de responsabilité politique. Chaque signature rejette la poursuite du soutien à des accords qui ne protègent pas les civils. Chaque signature envoie le message que l’Europe ne peut être complice d’un génocide ni rester silencieuse face à la faim, au froid rigoureux et à l’effondrement des services subis par mon peuple. L’initiative offre aux citoyens une voix juridique et humanitaire, permettant de faire pression sur les décideurs européens.


La souffrance cumulée — faim, froid, maladie, manque d’eau et bombardements délibérés — démantèle ma société et dépouille mon peuple de sa dignité. Chaque statistique, chaque enfant déplacé, chaque famille ayant perdu des proches montre qu’il n’y a plus de temps pour l’inaction.


Gaza, aujourd’hui, n’a pas besoin de déclarations de préoccupation ; elle a besoin de positions claires, de responsabilité et de justice. L’Initiative 055 n’est pas la solution ultime, mais elle constitue une étape vers la restauration de la justice et de la dignité humaine, offrant aux citoyens européens la possibilité d’adopter une position morale et politique face à une crise humanitaire qui exige des actes concrets, et non de simples paroles ou de fausses déclarations.



Portrait d’Ibrahim Badra, auteur palestinien, voix engagée dénonçant la destruction de Gaza et l’effacement du peuple palestinien /  le Bloc Populaire.


Version d'origine non traduite :


Gaza’s Silent Plea: Enduring Suffering, Awaiting Justice for My People


In front of the eyes of the world, my people in Gaza are enduring one of the most severe humanitarian crises of modern times. The tragedy unfolding in this small strip of land cannot be captured by the sound of bombs alone, nor by casualty figures. Starving children, displaced families, patients without medicine, and hospitals collapsing under the weight of depleted essential services all face a daily, relentless ordeal.

 

Since the so-called partial ceasefire on October 11, no real calm has been achieved. This “ceasefire” was merely a poorly staged charade, failing to stop the killing or destruction and offering no protection to civilians. Within just 24 hours, five people were killed and five wounded in hospitals, while many more remain trapped under rubble, unreachable and forgotten.

 

Daily reports from the Palestinian Ministry of Health in Gaza reveal the scale of the catastrophe: since the start of the offensive on October 7, 2023, 72,037 people have been killed, and 171,666 injured. These figures do not include roughly 20,000 missing under the rubble, with no trace left. These numbers are not mere statistics; each represents a human being, a family, a child who has lost their home, and a life erased.

 

The suffering goes far beyond the bombing. It includes hunger, cold, disease, and a shortage of safe drinking water. According to the United Nations, 1.6 million people around 77% of my people face severe food insecurity, while over 100,000 children and 37,000 pregnant or breastfeeding women suffer from acute malnutrition. Children endure days without sufficient food, and waves of cold and flooding in refugee camps worsen living conditions, amid a lack of adequate shelter and heating. Clean water has become a luxury, while damaged or non-functional water and sanitation networks force residents to rely on contaminated sources, exposing them to deadly diseases. Shortages of medicines and medical supplies leave hospitals unable to cope with the crisis.

 

The killing in Gaza is calculated, not random. Military monitoring reports indicate that Israeli aircraft dropped a 2,000-pound MK-84 bomb, equipped with Boeing’s JDAM guidance system, on the Zeitoun neighborhood. These are not primitive bombs but precision-guided munitions capable of hitting targets with high accuracy in any weather, up to 28 kilometers away. The attacks are deliberate, measured, and targeted.

When such advanced bombs are used in destroyed neighborhoods densely packed with people and those living in tents made of plastic sheets or under roofs previously destroyed, any claim of “collateral damage” becomes a linguistic deception. The result is predictable: widespread destruction, mass killings, and the erasure of entire communities. Children, women, and the elderly are all potential victims of brute force. Schools, hospitals, and shelters are no longer safe havens; civilians have nowhere to escape the certainty of death.

 

The destruction does not end at Gaza’s borders. Reports reveal plans by the Israeli Prison Service to implement the death penalty against Palestinian prisoners following the passage of a special law. The plan includes creating a separate execution complex, carrying out hangings within 90 days of sentencing, and isolating the condemned from other prisoners.

 

This punishment is set to target first those Israel labels as “elite members,” and later prisoners from the West Bank who will be arrested subsequently. A delegation is even preparing to travel to East Asia to study execution procedures. This is not justice; it is systematic liquidation, designed to break the spirit of my people and dismantle society through both direct and legal killing.

 

What is happening is the complete erasure of the Palestinian human. In Gaza, my people are killed under bombardment; in prisons, they are executed under the law; in international discourse, they are reduced to numbers or erased entirely. Civilians live in constant fear, suffering from hunger, cold, and deprivation of basic human rights. Children who have lost parents or homes face immeasurable psychological trauma, while women and the elderly live in perpetual fear of death or displacement.

 

Amid this tragedy, the European Citizens’ Initiative No. 055 has emerged as a key tool for European citizens to influence EU policy on Gaza. It allows citizens to collect one million signatures from at least seven European countries, compelling the European Commission to formally address the request. The initiative calls for suspending the EU-Israel Association Agreement, which requires respect for human rights, until Israel’s compliance with humanitarian standards is verified.

 

The purpose of this initiative is clear: it is a tool of political accountability. Every signature rejects continued support for agreements that fail to protect civilians. Every signature sends a message that Europe cannot be complicit in genocide or remain silent in the face of my people’s hunger, harsh cold, and collapsing services. The initiative provides citizens with a legal and humanitarian voice, enabling pressure on EU decision-makers.

 

The compounded suffering—hunger, cold, disease, lack of water, and deliberate bombing is dismantling my society and stripping my people of dignity. Every statistic, every displaced child, every family that has lost loved ones, shows that there is no time for inaction.

 

Gaza today does not need statements of concern; it needs clear positions, accountability, and justice. Initiative 055 is not the ultimate solution, but it is a step toward restoring justice and human dignity, offering European citizens the chance to take a moral and political stand in the face of a humanitarian crisis that demands real action, not just words and false statements.


 
 
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