Répression raciste des célébrations du titre du PSG.
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Le 30 mai, la finale de la Ligue des champions a été remportée par le PSG, ce qui, dans n’importe quel pays, aurait été un moment de fêtes dans la ville concernée, s’est transformé en un moment de répression de la jeunesse dans toute la France. Les chaînes d’info ont tourné en boucle sur les violences qui ont eu lieu, sans jamais parler ni de la répression ni de la violence. Depuis plusieurs années, le contexte répressif français est de plus en plus violent et cela est notamment permis par la répression des espaces de joie. Si les espaces de célébrations sont réprimés plus durement, c’est que des lois anti-rave sont en train d’être renforcées. Si ces espaces sont réprimés, c’est en grande partie car les publics ne sont pas désirés dans l’espace public.

La répression de ces célébrations s’explique en grande partie par le fait que, parmi les jeunes célébrant ce titre dans la rue, de nombreu·ses sont des jeunes de quartiers populaires et/ou racisé·es. Ces publics investissent alors des espaces bourgeois et à majorité blanc·hes comme les Champs-Élysées. Face à l’investissement de ces espaces, la police a démultiplié sa violence : 890 personnes ont été interpellées et 219 ont été blessées par les forces de l’ordre. L’image qui montre le plus les violences de cette soirée est ce petit garçon de 13 ans qui a été éborgné par des tirs de LBD. Ces violences policières racistes et classistes, justifiées par des besoins de maintien de l’ordre par le gouvernement, n’avaient aucune raison réelle autre que le racisme. En effet, le week-end précédent à Paris, plus de 100 hooligans néo-nazis ont pu faire une ratonnade dans Paris et la police a pris son temps pour intervenir, et cela en dépit des 6 blessé·es causé·es par ces néo-nazis. Ce qui confirme que lorsque ce ne sont pas des jeunes issu·es de quartiers populaires qui sont dans la rue, la police intervient beaucoup moins rapidement et violemment alors même que des vies sont mises en dangers. Ce qui a motivé la répression des célébrations du titre de Ligue des champions, c’est donc bien le maintien de l’ordre raciste sur les quartier populaire.
Le traitement médiatique de ces événements montre également le racisme et le classisme de ces médias. L’attaque systématique contre les supporter·ices populaires de football est souvent mise en opposition sur les réseaux sociaux avec les fan de rugby qui sont fantasmé·es comme super calmes. On peut d’ailleurs voir une véritable différence de traitement entre ces sports par les forces de répression. Alors que les supporter·ices du PSG sont réprimé·es par la police, la Marine sponsorise le CRUNCH. Cette différence sert à faire passer les jeunes de quartiers populaires pour des dangereux·ses. Ce discours est notamment basé sur des discours fémonationalistes comme quoi les hommes seraient les seul·es personnes dans la rue ce soir-là. Cela met de côté toutes les femmes aimant le foot étant sorties pour célébrer la victoires et qui ont également été victimes de la répression. Nous ne pouvons pas nier les violences sexistes et sexuelles ayant eu lieu ce soir-là, mais il est assez clair que la répression ne visait pas la protection, contrairement à ce que disent les fémonationalistes. Il n’y a pas eu plus de VSS dans cette manifestation de joie que ça ne peut l’être dans des fêtes acceptées par l’extrême droite et les médias comme les férias. Pourtant, ces événements ne se heurtent ni à la répression ni aux attaques médiatiques. Le problème de ces VSS ne vient pas de la festivité mais bien du système patriarcal et la répression n’est pas la solution ; la seule façon d’éviter les VSS dans ce contexte est l’abolition du patriarcat. Le traitement médiatique s’appuie également sur le coût qu’ont coûté ces dégradations. Pourtant, les coûts de la répression ne sont jamais évoqués : les soins sur les blessé·es, le coût de la militarisation ou les dégradations engendré par la police. Tous ces coûts ne sont jamais évoqués dans les média pourtant un enfant de 13 ans éborgné est bien plus grave qu’une barrière pliée. Toutes ces condamnations de violences ont donc pour but de faire passer la foule, présentée comme composée de jeunes de quartiers et issu·es de l’immigration, comme une foule dangereuse. Cette propagande est donc à but raciste et sert à faire monter les discours sécuritaires réactionnaires.
Cette répression a également un fond de lutte des classes : ce ne sont pas les supporter·ices qui ont pu se payer un billet et un aller-retour jusqu’à Belgrade qui ont subi cette répression. Ni celleux qui vivent les matchs en loges. De plus ces événements se basent dans un contexte répressif particulier. En effet, depuis plusieurs années, la répression des mouvements de supporter·ices s’accentue en France. La dissolution de groupes, encouragé par les clubs capitalistes, en est une preuve ; ceux qui se sont réellement dissous sont des groupes avec un discours social. Depuis 2011, les ministres peuvent interdire les déplacements de supporter·ices. Aujourd’hui, les déplacements sont quasiment interdits. Cette répression, a ensuite touché les mouvements sociaux : l’augmentation de la violence sur les manifestant·es est arrivée après l’augmentation de la violence sur les supporter·ices.
Alors que certaines personnes du mouvement social déplorent l’énergie mise dans la victoire du PSG par les supporter·ices, qui ne serait pas vue en manifestation. Peut-être que la révision de nos comportements rabaissants envers les jeunes, notamment de quartiers et/ou racisé·es, est nécessaire. Il faut que l’on fasse front contre cette répression et non pas que l’on s’ajoute à cette propagande raciste et classiste qui ne vise qu’à mettre en place des pratiques qui seront ensuite utilisées contre toute la population. Accepter la répression sur ces supporter·ices et notamment les dérives qui ont lieu, c’est accepter l’utilisation de ces méthodes plus tard contre toutes les franges de la population. La mise en place par Jean-Luc Moudenc, le maire très à droite de Toulouse, d’un couvre-feu pour les mineurs lors des matchs de Coupe du monde de la France et du Maroc, ouvre la voie à la proposition fascisante de l’ancien ministre d’extrême droite Bruno Retailleau d’un état de siège pour certains quartiers. Il est d’ailleurs intéressant de voir le lien avec les méthodes coloniales de l’État français. En effet, d’un côté, le seul pays hors équipe de France qui est visé soit un pays du Maghreb montre le sous-entendu raciste de cette mesure. Mais plus important encore, la proposition de Retailleau, dont la méthode du couvre-feu fait partie de l’arsenal répressif mis en place par la France, notamment en Kanaky, montre la volonté d’une gestion coloniale des quartiers populaires.



