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Toutes les dix minutes.

28 oct.
4 min de lecture
Pancarte violette en manifestation féministe: Féminicides pas une de plus, sur fond urbain flou.

En 2024, 83 000 femmes et filles ont été tuées intentionnellement dans le monde.

60 % de ces morts, soit environ 50 000, ont été commises par un conjoint, un partenaire ou un membre de la famille. Selon le rapport conjoint publié en novembre 2025 par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime et ONU Femmes, ce chiffre correspond à 137 femmes par jour, une mort toutes les dix minutes. Le rapport souligne également que le nombre réel est probablement bien plus élevé, de nombreux pays ne disposant pas de systèmes de collecte de données sur les féminicides.


Les données comparatives révèlent la dimension genrée du phénomène. Dans les cas d'homicides masculins, le taux de meurtres commis par un partenaire ou un membre de la famille s'élève à 11 %. Chez les femmes, ce taux atteint 60 %. Quand une femme est tuée, les auteurs sont le plus souvent des personnes connues, des proches, des membres du foyer. Le domicile reste, statistiquement, l'espace le plus dangereux pour une grande partie des femmes dans le monde.


Le concept de féminicide définit la violence non pas comme une déviance individuelle ou un accès de colère isolé, mais comme le produit structurel des inégalités de genre. Lorsque les normes patriarcales positionnent la femme non pas comme un sujet autonome mais comme un objet à contrôler ; lorsque la décision de partir est codée comme une trahison et l'indépendance comme une menace, la violence devient le prolongement logique de ces normes. Le meurtre en est l'expression la plus extrême.


Les données régionales illustrent l'universalité de cette logique, tout en révélant des formes locales. Le taux de féminicide est le plus élevé en Afrique, avec 3 cas pour 100 000 femmes. Ce chiffre est de 1,5 sur le continent américain, 1,4 en Océanie, 0,7 en Asie et 0,5 en Europe. Un taux bas ne signifie pas une absence de risque. En Europe, 64 % des femmes tuées l'ont été par un partenaire actuel ou ancien. La géographie de la violence change, sa logique non.


Le rapport des Nations Unies souligne que le féminicide ne survient que rarement de manière isolée. Les meurtres sont précédés d'une longue histoire de violence : contrôle systématique, menaces, pression économique, isolement social. Ce schéma récurrent indique que le féminicide est, dans une large mesure, un crime évitable. La question n'est pas de savoir pourquoi la femme n'a pas porté plainte plus tôt, mais pourquoi les institutions n'ont pas réagi aux signaux d'alerte pourtant visibles.


La dimension juridique et institutionnelle est à cet égard déterminante. Des signalements sont enregistrés, mais les dossiers sont classés. Des demandes de protection se heurtent à des obstacles bureaucratiques. Les mécanismes d'évaluation des risques ne sont pas suffisamment mis en œuvre. Les politiques qui privilégient l'unité familiale au détriment de la protection des femmes, les pratiques institutionnelles qui découragent les plaintes, et un discours médiatique qui présente la violence comme une tragédie individuelle contribuent à perpétuer le terreau systémique de ces morts.


Le chiffre de 83 000 se laisse facilement parcourir comme une statistique. Chacune avait un nom, une histoire, une vie. Comprendre le féminicide, ce n'est pas seulement compter, c'est voir les structures et les normes qui rendent ces morts possibles. Ces morts ne sont pas inévitables. Elles sont évitables.


Merve Bayram


Merve Bayram Palestine Bloc Populaire

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HER ON DAKİKADA BİR.


Pancarte violette en manifestation féministe: Féminicides pas une de plus, sur fond urbain flou.

2024 yılında dünya genelinde 83.000 kadın ve kız çocuğu kasıtlı olarak öldürüldü. Bu ölümlerin yüzde 60'ı, yani yaklaşık 50.000'i, bir eş, partner ya da aile üyesi tarafından gerçekleştirildi. BM Uyuşturucu ve Suç Ofisi ile UN Women'ın Kasım 2025'te yayımladığı ortak rapora göre bu rakam, günde 137 kadına, her on dakikada bir ölüme karşılık geliyor. Rapor aynı zamanda gerçek sayının çok daha yüksek olduğunu öngörüyor; pek çok ülke femisit verilerini sistematik biçimde kayıt altına almıyor.


Karşılaştırmalı veriler tablonun cinsiyete özgü boyutunu açıkça ortaya koyuyor. Erkek cinayeti vakalarında partner ya da aile üyesi tarafından öldürülme oranı yüzde 11 iken, kadınlarda bu oran yüzde 60'a ulaşıyor. Bir kadın öldürüldüğünde faillerin büyük çoğunluğu tanıdık, güvenilen ya da birlikte yaşanılan kişilerden oluşuyor. Ev ortamı, istatistiksel olarak, dünyanın pek çok kadını için en yüksek risk alanı olmayı sürdürüyor.

Femisit kavramı, şiddeti bireysel bir sapkınlık ya da anlık bir öfke patlaması olarak değil; toplumsal cinsiyet eşitsizliğinin yapısal bir ürünü olarak tanımlar. Erkek egemen normlar kadını özerk bir özne olarak değil, denetlenmesi gereken bir nesne olarak konumlandırdığında; ayrılma kararı ihanet, bağımsızlık ise tehdit olarak kodlandığında, şiddet bu normların mantıksal uzantısına dönüşür. Öldürme ise bu iktidar ilişkisinin en uç ifadesidir.


Bölgesel veriler bu yapının evrenselliğini, ama biçiminin yerelliğini gösteriyor. Afrika'da femisit oranı 100.000 kadında 3 kişiyle en yüksek seviyede seyrediyor. Bu rakam Amerika kıtasında 1,5, Okyanusya'da 1,4, Asya'da 0,7, Avrupa'da ise 0,5 olarak kaydedilmiş. Düşük oran risksizlik anlamına gelmiyor. Avrupa'da öldürülen kadınların yüzde 64'ü eski ya da mevcut bir partner tarafından hayatını kaybetti. Şiddetin coğrafyası değişiyor, mantığı değişmiyor.


BM raporu femisitin çoğunlukla izole bir olay olarak gerçekleşmediğini vurguluyor. Ölümlerden önce uzanan bir şiddet geçmişi var: sistematik kontrol, tehdit, ekonomik baskı, sosyal izolasyon. Cinayeti önceleyen bu örüntü, femisitin büyük ölçüde önlenebilir bir suç olduğuna işaret ediyor. Kadının daha önce neden şikayette bulunmadığı değil, kurumların mevcut uyarı işaretlerine neden müdahale etmediği sorusu sorulmalı.


Hukuki ve kurumsal boyut bu nedenle belirleyici. Şiddet bildirimleri kayıt altına alınmasına karşın dosyalar kapatılıyor, koruma talepleri bürokratik engellerle karşılaşıyor, risk değerlendirme mekanizmaları yeterince işletilemiyor. Kadını korumak yerine aile bütünlüğünü önceliklendiren politikalar, şikayetleri caydıran kurumsal pratikler ve şiddeti bireysel bir trajedi olarak çerçeveleyen medya söylemi, bu ölümlerin sistemik zeminini oluşturuyor.


Merve Bayram


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