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Quand les mots deviennent des armes contre nos droits.

  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture
Une manifestation féministe où des centaines de personnes défilent avec des pancartes et des drapeaux pour défendre les droits des femmes, le droit à l'avortement et l'égalité face aux offensives conservatrices.

J’écris ces lignes depuis la Colombie, un pays qui a traversé d’innombrables épreuves et qui, aujourd’hui encore, n’a pas appris à faire vivre sa mémoire. Dans quelques jours, nous aurons un président d’extrême droite. Avant même son entrée en fonction, nous constatons déjà des reculs en matière d’éducation et de droits reproductifs.


Si chaque pays possède sa propre histoire, ce que nous vivons ici n’a rien d’isolé. C’est le même scénario qui se répète ailleurs, notamment en Argentine, où Javier Milei a supprimé plusieurs institutions publiques consacrées aux droits des femmes — le ministère des Femmes, des Genres et de la Diversité ainsi que le sous-secrétariat chargé de la lutte contre les violences de genre — et porte désormais un projet visant à retirer le féminicide du Code pénal. Ou encore en Équateur, où une militante a été assassinée et où le gouvernement a tenté de faire passer sa mort pour un suicide. L’extrême droite progresse, et avec elle s’impose un langage qui nous retire nos droits en silence.


Cette semaine, un groupe de parlementaires colombiens a déposé un projet de réforme de la Constitution, alors même qu’en campagne, Abelardo avait déclaré : « Je respecterai la Constitution. » Ils ne parlent pas d’« interdire l’avortement », mais de « protéger la vie dès la conception ». C’est là que réside le piège : personne n’affirme vouloir nous retirer un droit. Ils enveloppent leurs intentions dans des mots rassurants jusqu’à ce que nous ne reconnaissions plus ce qui est réellement en jeu.


Cette contradiction est intenable. S’il s’agissait réellement de protéger la vie, Abelardo n’aurait pas rétabli les relations avec l’État d’Israël, responsable de la mort de plus de 18 000 enfants dans la bande de Gaza. Les enfants déjà nés ne les préoccupent pas ; ce qui les intéresse, c’est de conserver le contrôle sur le corps des femmes.


Depuis 2022, en Colombie, les femmes peuvent décider librement de poursuivre ou non une grossesse jusqu’à la vingt-quatrième semaine de gestation. Ce droit n’est pas un cadeau : il est le fruit de longues années de mobilisation et de luttes. Aujourd’hui encore, ce sont des hommes qui s’arrogent le pouvoir de décider si ce droit doit être maintenu. Ce sont toujours eux qui décident à notre place, et ils appellent cela la démocratie.


Un rapport récent d'ONU Femmes avertit que, dans le monde, les femmes ne disposent que de 64 % des droits juridiques reconnus aux hommes, et que cet écart continue de se creuser. L’organisation parle d’une « réaction organisée contre l’égalité entre les femmes et les hommes ». Pour ma part, j’y vois une réaction patriarcale.


Ce n’est donc pas le moment de nous taire. Lorsque nos droits sont attaqués, il nous appartient de nous rassembler, de nous organiser et de lutter.



María Paulina González

El lenguaje que nos quita derechos sin decirlo.


Resisto mientras escribo desde Colombia, un país que ha vivido infinidad de situaciones y que, al día de hoy, no ha aprendido a tener memoria. En unos días tendremos un presidente de extrema derecha y, aun sin posesionarse, ya vemos retrocesos en educación y derechos reproductivos.


Aunque cada nación tiene su propia historia, lo que vivimos aquí no es un caso aislado: es el mismo guion que se repite en países como Argentina, donde Milei cerró estructuras estatales dedicadas a las mujeres —el Ministerio de Mujeres, Géneros y Diversidad, la Subsecretaría contra la Violencia de Género— y ahora impulsa un proyecto para eliminar el feminicidio del Código Penal. O en Ecuador, donde asesinaron a una activista y el gobierno intentó hacerlo pasar por suicidio. La derecha avanza, y con ella avanza un lenguaje que nos quita derechos en silencio.


Esta semana, un grupo de congresistas en Colombia radicó un proyecto para reformar la Constitución, mientras en campaña el mismo Abelardo había dicho: "Respetaré la Constitución". No lo llamaron "prohibir el aborto", sino "proteger la vida desde la concepción", y ahí está la trampa: nadie dice que quiere quitarnos un derecho, lo envuelven en palabras bonitas hasta que dejamos de reconocerlo.


Hay una contradicción que no se sostiene: si de verdad se tratara de proteger la vida, Abelardo no habría restablecido relaciones con el Estado de Israel, responsable de la muerte de más de 18.000 niños en la Franja de Gaza. No les importan los niños ya nacidos; solo les importa tener el control sobre el cuerpo de las mujeres.


Desde 2022, en Colombia las mujeres podemos decidir sobre nuestro cuerpo hasta la semana 24 de gestación, y eso no fue un regalo: fue una conquista de muchos años de lucha. Hoy, otra vez, son hombres quienes se sientan a decidir si ese derecho sigue en pie. Siempre son ellos quienes deciden por nosotras, y lo llaman democracia.


Un informe reciente de ONU Mujeres advirtió que, en el mundo, las mujeres solo tenemos el 64 % de los derechos jurídicos que tienen los hombres, y que ese número retrocede cada vez más. Lo llaman "una reacción organizada contra la igualdad de género". Yo lo llamo una reacción patriarcal.


Por eso este no es el momento de callar. Porque cuando nuestros derechos están en llamas, nos corresponde juntarnos, organizarnos y luchar.



María Paulina González

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