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Hicats Sam : créer, rapper et raconter Gaza.

il y a 1 jour
17 min de lecture

Hicats Sam

Je m’appelle Loai Miqdad, et mon nom d’artiste est Hicats Sam, ou HS. J’ai 23 ans et je viens de Gaza, en Palestine.


Avant que la musique ne devienne la voie que je souhaitais suivre, je me formais au développement logiciel et aux bases de données. J’ai étudié dans ce domaine et travaillé comme développeur, mais la musique a toujours été une passion.

Au départ, je m’intéressais surtout à la musique arabe. Je n’aurais jamais imaginé que je construirais finalement mon identité artistique principalement autour du rap en anglais et de la narration visuelle. Cette évolution s’est produite au fil de la guerre, des déplacements forcés et de la nécessité de raconter ce que je vivais d’une manière susceptible de toucher des personnes au-delà de Gaza.


Aujourd’hui, je me considère comme un rappeur, un auteur-compositeur et un artiste visuel. J’accorde autant d’importance à la chanson qu’à l’image, à l’atmosphère, aux sensations que dégage une scène et à la manière dont le langage visuel peut transmettre les mêmes émotions que la musique.


Je ne veux pas être perçu uniquement comme « un artiste de Gaza ». Gaza occupe une place immense dans mon identité, mais je veux aussi que l’on découvre l’artiste, son travail, ses idées et ses ambitions.



Avant la guerre, j’étais passionné par le chant en arabe. Mais, lors de notre premier déplacement forcé, j’ai découvert MC Abdul, un jeune rappeur de Gaza qui interprétait des morceaux en anglais et parlait de Gaza.


Ce moment m’a marqué. Je me suis demandé : pourquoi ne pourrais-je pas faire la même chose ?


Je vis cette histoire. Je vis la guerre, la peur, les déplacements, la douleur, la perte de notre maison et tout ce qui en découle. Alors, pourquoi ne serais-je pas moi aussi l’un de ceux qui racontent cette histoire ?


C’est à ce moment-là que j’ai commencé à passer d’une musique exclusivement en arabe à l’écriture et à l’interprétation de morceaux en anglais.

Pour moi, l’anglais est devenu un pont. Il m’a permis de toucher des personnes qui ne comprennent peut-être pas l’arabe, mais qui peuvent entendre directement le témoignage de quelqu’un qui vit réellement ce qui se passe à Gaza.

J’ai alors commencé à écouter plus attentivement des artistes comme NF, Eminem et Linkin Park.


NF m’a influencé par son art de la narration, son intensité émotionnelle et sa manière de transformer les tourments intérieurs en musique. Eminem m’a appris à travailler le flow, les rimes, l’interprétation et les jeux de mots. Linkin Park m’a montré comment la douleur, la colère, la vulnérabilité et l’énergie pouvaient coexister dans un même morceau.

J’ai également commencé à apprendre l’anglais et à travailler mon interprétation par moi-même, à partir de toutes les ressources auxquelles je pouvais accéder : YouTube, des podcasts, des interviews, des vlogs et de la musique. Je répétais les mots, écoutais leur prononciation, m’enregistrais, me réécoutais et recommençais.


Je n’ai pas tout fait seul.

Billy Salisbury, originaire du Royaume-Uni, est l’une des personnes qui m’ont accompagné tout au long de ce parcours. Il m’a aidé à travailler ma prononciation, mon accent, mon flow, mon interprétation, mon chant, mon écriture et ma confiance en moi. Mais, surtout, il m’a soutenu de manière constante et a cru en ce que j’essayais de construire.


Une autre personne importante a été Garry Mc, du Kabin Studio, en Irlande.

Garry m’a écrit seize mesures dans le cadre d’un exercice de rap. Mais il ne s’est pas contenté de me les envoyer en me laissant me débrouiller. Il m’a accompagné pas à pas jusqu’à ce que je sois capable de les interpréter intégralement. Nous avons travaillé le rythme, les rimes, l’entrée sur l’instrumentale et la recherche du bon flow.

Cette expérience m’a permis de comprendre le rap de manière beaucoup plus concrète.


À Gaza, il y avait aussi Qism.

Qism était mon ami et mon producteur. Il m’a donné accès à son studio, m’a aidé à enregistrer et à produire mes morceaux, et m’a consacré du temps sans jamais me demander d’argent.

Mais le plus important, c’est qu’il croyait en moi.

Il croyait en ma musique et en ce qu’elle pourrait m’apporter, même lorsqu’il était très difficile d’imaginer un tel avenir depuis Gaza.


Ma famille a perdu sa maison pendant la guerre. Nous avons subi des déplacements forcés répétés et vécu pendant des périodes entières sous des tentes, avec une alimentation électrique et une connexion Internet instables, très peu de matériel et aucun environnement de production normal.


Ce qui est élémentaire pour de nombreux artistes ne l’est pas ici.

Parfois, recharger un téléphone ou un appareil devient déjà un problème dans le processus de création. La connexion Internet peut rendre extrêmement difficiles le téléchargement et l’envoi de fichiers. Se rendre dans un lieu de tournage peut être compliqué. Trouver du matériel ou un simple accessoire peut demander beaucoup plus de temps que dans des conditions ordinaires.


Pendant la réalisation de FEAR, je n’avais pas mon propre ordinateur portable pour le montage. J’utilisais celui d’un ami une fois qu’il avait terminé son travail.

J’attendais qu’il ait fini, puis je prenais le relais pour continuer le montage.

Dans le même temps, j’ai perdu Qism pendant la guerre, quelques mois seulement avant la sortie officielle de FEAR, le 19 juillet 2026.

Cette perte a tout changé.

J’ai perdu un ami proche, mais aussi la personne qui rendait la production musicale possible lorsque je n’avais pas les moyens de payer un studio ou des prestations professionnelles.


Aujourd’hui, j’ai toujours des idées, des textes et des projets que je veux concrétiser, mais produire de la musique est devenu beaucoup plus difficile. Qism m’aidait sans me faire payer.


FEAR

FEAR n’est pas une chanson originale que j’ai écrite. Il s’agit d’une reprise et d’une réinterprétation du morceau FEAR de NF.

Je tiens à le préciser clairement, par respect pour l’œuvre originale.

J’ai repris une chanson qui me touchait profondément et adapté certains aspects de l’interprétation et du concept visuel afin qu’elle entre davantage en résonance avec ma propre réalité à Gaza.


Je ne voulais pas réaliser une reprise classique dans laquelle je me serais simplement placé devant une caméra pour interpréter le morceau.


J’avais une ambition visuelle bien plus importante.

Je voulais que le clip ressemble à un court-métrage musical, construit autour de la peur, de la mémoire, de la pression psychologique, de la fuite, de l’isolement, de la perte et des conséquences psychiques de la vie en temps de guerre.

La réalisation de FEAR, de la mise en production initiale à la version définitive, a pris environ huit mois.


Pendant cette période, ma vie n’a cessé de changer. La guerre continuait, les déplacements forcés se poursuivaient, les conditions de production devenaient plus difficiles et j’ai perdu Qism. Au moment de sa sortie, FEAR était devenu un projet beaucoup plus personnel qu’au début de sa conception.



Le clip de FEAR a été entièrement tourné avec un iPhone 16 Pro Max.

Les personnes qui m’ont aidé à filmer sont des amis que j’ai rencontrés au cours de ce parcours. Ils ont cru en moi, en ma musique et dans la forme d’art que je cherchais à créer.

Nous n’avions ni société de production, ni équipe nombreuse, ni matériel de cinéma.

L’un des principaux défis consistait simplement à accéder aux lieux que j’avais imaginés.

J’avais une vision très ambitieuse du clip, mais notre réalité imposait de nombreuses limites. Les déplacements, l’accès aux lieux, la coordination et le matériel étaient autant d’obstacles.


Même les détails les plus simples pouvaient devenir de véritables problèmes.

Par exemple, j’ai eu beaucoup de mal à trouver le masque FEAR que je porte dans le clip. Pour le spectateur, cela peut sembler anodin. Pour moi, cet accessoire était essentiel : il faisait partie intégrante de l’identité visuelle que j’avais imaginée.


L’électricité et Internet représentaient également des difficultés constantes.

Parfois, je voulais monter des images, mais il n’y avait pas de courant. D’autres fois, je devais télécharger une référence, envoyer un fichier, transmettre des images ou apprendre une technique, mais la connexion rendait ces tâches difficiles.

Comme je n’avais pas les moyens de payer un monteur professionnel, j’ai décidé d’apprendre par moi-même.


FEAR est devenu le projet sur lequel j’ai appris.


Je tournais une scène, la montais, constatais qu’un élément ne fonctionnait pas, apprenais une nouvelle technique, modifiais le montage, travaillais les couleurs, ajustais le rythme et, parfois, retournais filmer.


Progressivement, j’ai acquis une plus grande autonomie dans le montage et j’ai pu me rapprocher de la vision que j’avais en tête.

C’était important pour moi : je disposais d’un meilleur contrôle créatif et pouvais également réduire les coûts de production.

Je suis fier de ce que nous avons réussi à créer, parce que nous n’avons pas attendu de disposer de conditions idéales. Nous avons fait avec les moyens dont nous disposions.



Gaza fera toujours partie de mon travail. Je ne peux pas me dissocier du lieu dont je viens ni de ce que j’ai vécu.

Mais je ne veux pas que mon art soit perçu uniquement comme un témoignage de la guerre.

Je veux d’abord que les gens entrent en contact avec la musique.

Qu’ils entendent l’émotion, découvrent l’écriture, l’interprétation et l’histoire racontée.

Puis, lorsqu’ils comprennent où cette œuvre a été réalisée et ce qu’il a fallu surmonter pour la créer, une autre dimension apparaît.

J’écris sur la peur, la perte, le foyer, les déplacements forcés, la mémoire, l’isolement, l’identité et l’espoir.


Mais je veux aussi montrer que les Palestiniens ne sont pas seulement des images de destruction ou des chiffres dans les journaux télévisés.

Nous sommes des êtres humains qui ont des idées, des ambitions, une créativité, une musique, des rêves et des histoires individuelles différentes.

Je ne prétends pas parler au nom de toutes les personnes qui vivent à Gaza. Je parle à partir de ma propre expérience.

Si cette expérience peut aider quelqu’un, ailleurs dans le monde, à nous regarder de manière plus humaine, alors mon art aura accompli quelque chose d’important.



FEAR a été un projet important pour moi, mais je ne veux pas qu’il soit la seule œuvre à laquelle on m’associe.

La prochaine étape est mon projet original, STILL HUMAN.

À ce stade, STILL HUMAN comprend cinq chansons :

  • Homeless

  • Lost Mom

  • Bad Story

  • Can You Hold Me

  • Let Me Live


Homeless

Homeless parle des déplacements forcés, de la perte du sentiment d’avoir un chez-soi, de la vie sous les tentes et de la volonté de préserver l’idée qu’un jour, tout pourra être reconstruit.

La chanson est née de la perte de notre maison, de notre sécurité et de notre stabilité, alors que nous vivions au rythme des déplacements forcés.

Musicalement, elle s’inscrit dans un univers de rap et de trap cinématographiques sombres, porté par une narration émotionnelle.

Le morceau est écrit et son concept est développé, mais il reste à réaliser l’arrangement complet, la production, l’enregistrement des voix, le mixage et le mastering.


Lost Mom

Lost Mom est née de l’une de mes plus grandes peurs après le bombardement de notre maison. La chanson imagine ce que serait ma vie si j’avais perdu ma mère sous les décombres.

Il ne s’agit pas du récit littéral de sa mort, mais d’un morceau construit autour de cette peur.

Je voulais exprimer la réalité émotionnelle que représente l’imagination d’une telle perte : ce que je lui dirais, ce qui me manquerait et ce que signifierait le fait de continuer à vivre sans la personne vers laquelle je me tourne habituellement.


Bad Story

Bad Story s’inspire d’une période réelle de déplacement forcé, lorsque ma famille et moi étions hébergés dans une école transformée en refuge.

Le morceau évoque les nuits sans électricité, le manque de nourriture et d’eau, les bombardements, les tirs d’artillerie, les coups de feu et les drones. Nous attendions le lever du soleil, car la lumière du jour nous procurait un léger sentiment de sécurité.

Lorsque nous avons finalement été contraints de partir, j’ai été séparé de ma famille pendant un certain temps.

À l’extérieur, j’ai vu des civils blessés, de la fumée, des chars, des destructions et des corps dans les rues. Pendant notre déplacement, j’ai aidé à transporter des personnes blessées.

Bad Story transforme cette expérience en un morceau cinématographique sombre consacré à la peur, au choc, à la séparation, aux déplacements forcés et à la survie.


Can You Hold Me

Can You Hold Me est un autre volet de STILL HUMAN, réalisé en collaboration avec Rita Mousi.

Pour moi, cette chanson apporte une perspective émotionnelle différente à l’ensemble du projet, plutôt que de reproduire la même émotion dans chacun des cinq morceaux.


Let Me Live

Let Me Live s’adresse directement à l’occupation israélienne. Je demande pourquoi ma vie est menacée et de quel droit quelqu’un peut décider de me tuer.

Je réclame simplement la possibilité de vivre, d’écrire, de chanter et de réaliser mes rêves.

Même au milieu des coups de feu, des bombes et des chars, je refuse de renoncer à mon avenir.


In the End : une reprise de Linkin Park

Je travaille également sur une reprise de In the End, de Linkin Park, avec Raji Al Jaru et Rita Mousi.

Nous cherchons à transformer certains aspects de l’approche originale afin que notre interprétation entre davantage en résonance avec la réalité que nous vivons à Gaza, plutôt que de simplement reproduire la chanson.


Le projet est toujours en cours de production.

Aujourd’hui, le principal obstacle n’est pas le manque d’idées.

J’ai des idées. J’ai des chansons. Je sais ce que je veux créer.

La difficulté majeure réside dans les moyens de production nécessaires pour leur donner vie, depuis la perte de Qism.


Mon objectif est de continuer à développer mon propre univers musical, de sortir des morceaux originaux, de collaborer avec d’autres artistes, de me produire un jour en dehors de Gaza et de faire voyager ma musique plus loin que je ne peux physiquement le faire aujourd’hui.


Pour moi, FEAR n’était pas une fin.

C’était le début de l’artiste que je cherche encore à devenir.


Hicats Sam

Loai W. A. Miqdad

Hicats Sam / HS

Gaza, Palestine

Instagram : @hsrealmusic

Site Internet : www.hsrealmusic.com

Note de transparence éditoriale :


Le clip de FEAR repose principalement sur des images tournées dans des lieux réels, des interprètes réels et mon propre travail de conception, de réalisation et de montage.

Trois très brèves séquences symboliques utilisent des images générées par intelligence artificielle : l’apparition d’une inscription sur un mur, la séquence de la porte et celle du piano. Elles ont été utilisées comme métaphores artistiques, et non pour reconstituer des événements ou présenter des images documentaires fabriquées.

L’interprétation, le concept, la réalisation, le tournage, le montage et l’ensemble de la narration visuelle relèvent de mon travail créatif.



My name is Loai Miqdad, and my artist name is Hicats Sam, or HS. I’m 23 years old, from Gaza City, Palestine.

Before music became the main direction I wanted to follow, my background was in software and database development. I studied that field and worked as a developer, but music had always been something I loved.

At first, my passion was mostly for Arabic music. I never imagined that I would end up building my artistic identity mainly through English rap and visual storytelling. That change came through the war, displacement, and the need to tell what I was living in a way that could reach people outside Gaza.

Today, I see myself as a rapper, songwriter and visual storyteller. I care about the song, but I also care about the image, the atmosphere, the way a scene feels, and how the visual side can carry the same emotion as the music.

I don’t want to be seen only as “an artist from Gaza.” Gaza is a huge part of who I am, but I also want people to see the artist, the work, the ideas and the ambition.


Before the war, I had a strong passion for singing in Arabic. But during our first displacement, I saw MC Abdul, a young rapper from Gaza, performing in English and speaking about Gaza.

That moment stayed with me. I remember thinking: why can’t I do that too?

I am living this story. I am living the war, the fear, the displacement, the pain, the loss of home and everything that comes with it. So why shouldn’t I be one of the people telling that story myself?

That is when I started shifting from only wanting to make music in Arabic to also writing and performing in English.

For me, English became a bridge. It gave me a way to reach people who might never understand Arabic but could still hear directly from someone who was actually living through what was happening in Gaza.

From there, I started listening more seriously to artists like NF, Eminem and Linkin Park.

NF influenced me through storytelling, emotion and the way he turns internal struggle into music. Eminem made me focus on flow, rhyme, delivery and wordplay. Linkin Park showed me how pain, anger, vulnerability and energy can live inside the same piece of music.

I also started teaching myself English and performance from anything I could find: YouTube, podcasts, interviews, vlogs and music. I would repeat words, listen to pronunciation, record myself, listen back and try again.



I didn’t do everything alone.

One of the people who has stood beside me through a lot of this journey is Billy Salisbury from the UK. Billy has helped me with pronunciation, accent, flow, delivery, singing, writing and confidence. More importantly, he has consistently supported me and believed in what I am trying to build.

Another important person was Garry Mc from The Kabin Studio in Ireland.

Garry wrote 16 bars for me as a rap exercise, but he didn’t just send them and leave me to figure them out. He stayed with me step by step until I could perform the full 16 bars. We worked on rhythm, rhyme, entering the beat and finding the right flow.

That experience helped me understand rap in a more practical way.

And in Gaza, there was Qism.

Qism was my friend and producer. He gave me access to his studio, helped me record and produce, and gave me his time without asking me for money.

But the most important thing was that he believed in me.

He believed in my music and in where it could take me, even when that future was very hard to imagine from Gaza.


My family lost our home during the war. We went through repeated displacement and periods of living in tents, with unstable electricity, unstable internet, very limited equipment and no normal production environment.

Things that are basic for many artists are not basic here.

Sometimes even charging a phone or a device can become part of the production problem. Internet can make uploading or downloading files extremely difficult. Reaching a location can be difficult. Finding equipment or a simple prop can take much longer than it normally should.

During FEAR, I did not have my own laptop to edit on. I used my friend’s laptop after he finished his own work.

I would wait until he was done, then use the laptop to continue editing.

At the same time, I lost Qism during the war, only a few months before FEAR was officially released on July 19, 2026.

That loss changed everything.

I lost a close friend, but I also lost the person who made music production possible for me when I could not afford normal studio and production costs.

Today, I still have ideas, lyrics and projects I want to make, but producing music has become much harder because Qism used to help me without charging me.


FEAR is not an original song written by me. It is my cover and reinterpretation of NF’s FEAR.

I want to be very clear about that because I respect the original work.

What I did was take a song that connected with me emotionally and adapt parts of the performance and visual concept so it could connect more closely with my own reality in Gaza.

I didn’t want to make a normal cover where I simply stood in front of a camera and performed the song.

I had a much bigger visual idea.

I wanted the video to feel like a short music film, built around fear, memory, pressure, running, isolation, loss and the psychological effect of living through war.

FEAR took around eight months from the full production process to the finished work.

During those months, my life kept changing. The war continued, displacement continued, production became harder, and I lost Qism.

By the time FEAR was released, the project had become much more personal than when I started it.


The entire FEAR video was filmed on an iPhone 16 Pro Max.

The people who helped me shoot it were my friends. I met them during this journey, and they believed in me, my music and the kind of art I was trying to create.

We did not have a production company, a large crew or cinema equipment.

One of the biggest challenges was simply reaching the locations I had imagined in my head.

I had a very big vision for the video, but the reality around us was much more limited. Transport, access, coordination and equipment were all difficult.

Even small things could become a major problem.

For example, I had difficulty finding the FEAR mask I wear in the video. For someone watching, it may look like a small detail, but for me it was important because it was part of the visual identity I had imagined.

Electricity and internet were another constant challenge.

Sometimes I wanted to edit and there was no power. Sometimes I needed to download a reference, upload a file, send material or learn a technique, and the internet made that difficult.

Because I could not afford to pay for professional editing, I decided to learn it myself.

FEAR became the project I learned on.

I would shoot a scene, edit it, realize something was wrong, learn a new technique, change the cut, work on the color, adjust the pacing and sometimes go back and shoot again.

Over time, I reached a point where I could depend on myself much more in editing and get closer to the vision I had in my head.

That was important to me because it gave me more creative control and also helped me reduce production costs.

I am proud of what we managed to create because we did not wait for perfect conditions. We used what we had.


Gaza will always be part of my work because I cannot separate myself from the place I come from or from what I have lived through.

But I don’t want my art to be seen only as a document of war.

I want people to connect with the music first.

I want them to hear the emotion, the writing, the performance and the story.

Then, when they understand where it was made and what it took to create it, there is another layer.

I write about fear, loss, home, displacement, memory, isolation, identity and hope.

But I also want to show that Palestinians are not only images of destruction or numbers in the news.

We are people with ideas, ambition, creativity, music, dreams and different individual stories.

I don’t claim to speak for everyone in Gaza. I speak from my own experience.

If that experience can make someone outside Gaza see us in a more human way, then the art has done something important.


FEAR was important to me, but I do not want it to be the only thing people know me for.

The next step is my original project, STILL HUMAN.

STILL HUMAN currently includes five songs:

  • Homeless

  • Lost Mom

  • Bad Story

  • Can You Hold Me

  • Let Me Live


Homeless

Homeless is about displacement, losing the feeling of home, living in tents and trying to hold on to the idea that one day life can be rebuilt.

The song grew out of losing home, safety and stability while living through displacement. Its direction is dark cinematic rap / trap with emotional storytelling. The song is written and conceptually developed, but it still needs full arrangement, production, vocal recording, mixing and mastering.


Lost Mom

Lost Mom comes from one of my biggest fears after our house was bombed. It imagines what my life would feel like if I had lost my mother under the rubble.

It is not a literal story of her death; it is a song built from that fear. I wanted to write the emotional reality of imagining that kind of loss: what I would say, what would be missing, and what it would feel like to continue without the person I normally turn to.


Bad Story

Bad Story comes from a real period of displacement when my family and I were staying in a shelter school.

It is connected to nights without electricity, very little food and water, bombing, artillery, gunfire and drones. We would wait for sunrise because daylight gave us a small feeling of safety.

When we were eventually forced to leave, I was separated from my family for a period of time. Outside, I saw injured civilians, smoke, tanks, destruction and bodies in the streets. I helped carry wounded people while we were moving.

Bad Story takes that experience into a dark cinematic track about fear, shock, separation, displacement and survival.


Can You Hold Me

Can You Hold Me is another part of STILL HUMAN and includes a collaboration with Rita Mousi.

For me, the song brings another emotional perspective into STILL HUMAN, rather than repeating the same feeling across its five songs.


Let Me Live

Let Me Live is addressed directly to the Israeli occupation. I ask why my life is being threatened and what right anyone has to kill me. I want one chance to live, write, sing and fulfil my dreams. Even amid gunfire, bombs and tanks, I refuse to surrender my future.


In the End — Linkin Park cover

I am also currently working on a cover of Linkin Park’s In the End with Raji Al Jaru and Rita Mousi.

We are changing parts of the approach so the performance connects more closely with our reality in Gaza instead of simply copying the original song.

The project is still in production.

Right now, the hardest problem is not ideas.

I have ideas. I have songs. I know what I want to create.

The hardest part is having the production resources to make them real after losing Qism.

My goal is to keep developing my own sound, release original music, work with more artists, perform outside Gaza one day and let the music travel further than I physically can right now.

For me, FEAR was not the end.

It was the beginning of the artist I am still trying to become.


Hicats Sam

Loai W. A. Miqdad

Hicats Sam / HS

Gaza City, Palestine

Instagram: @hsrealmusic

Editorial transparency note:

FEAR is based primarily on real-location footage, real performers and my own direction, filming and editing. Three very brief symbolic sequences use AI-generated imagery: the writing appearing on the wall, the door sequence and the piano sequence. They were used as artistic metaphors, not to recreate events or present fabricated documentary material.

The performance, concept, direction, filming, editing and overall visual storytelling are my own creative work.

Ce qui se fait sans nous se fait contre nous.

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