Je suis Amal, et je témoigne depuis Gaza : résilience et souvenir de ma patrie.
- 5 juin
- 13 min de lecture
Que la paix soit sur vous. Je m’appelle Amal, je viens de Gaza. Je porte en moi de profondes racines palestiniennes : mon grand-père est originaire d’Ashkelon et ma grand-mère de Majdal. Mon père est né à Ashkelon, mais ma mère est de Gaza. Je suis donc un mélange d’Ashkelon et de Gaza.

Je suis née dans une famille aimante, que j’aime profondément et qui m’aime en retour. Mon père est ouvrier dans le bâtiment. Il a travaillé dur et s’est épuisé pour que mes trois sœurs et moi puissions vivre dans une belle maison. Ma mère est infirmière. Si vous avez entendu parler de l’hôpital Al-Shifa, sachez qu’elle y a travaillé pendant plus de vingt ans.
J’ai grandi dans une maison où l’on aimait le savoir, le travail et la patience. Ma mère nous a appris que cette terre nous appartient depuis toujours. L’olivier dans la cour de notre maison appartenait aux ancêtres de mes ancêtres. Nous avions une vie paisible.
J’ai grandi, j’ai étudié. J’étais très brillante à l’école et j’ai obtenu une moyenne de 82 % dans la filière scientifique. Je me suis mariée jeune. J’ai étudié l’optique, car j’en avais la passion. Je vous demande de garder cela en mémoire, car je vais vous raconter ensuite ce qui est arrivé à mon université.
J’ai eu deux filles : l’aînée Sham et la plus jeune Razan. Je travaillais et j’étudiais tout en étant enceinte en même temps, pour construire une famille tout en réalisant mes rêves. Mon mari travaillait seize heures par jour pour bâtir un avenir à Sham et Razan.
Puis, soudainement, tout a basculé.

Le 7 octobre, j’ai vu les missiles tomber sur nous de façon massive. Les bombes explosaient tout près de nous. Mes enfants étaient terrorisés. La première chose à laquelle j’ai pensé a été de rejoindre ma famille : si je devais mourir, je voulais mourir dans la maison où je suis née.
Nos vies ont commencé à changer, comme si nous avions été projetés des siècles en arrière. Il n’y avait plus d’électricité, plus de nourriture, plus de sécurité. Tout faisait peur. Des corps étaient dans les rues. Des mines sur les routes. La peur dans nos regards.
Mon cœur sentait que quelque chose de terrible allait arriver. Puis je me suis retrouvée sous les décombres, en train de crier : mes enfants, ma mère, mes sœurs.
Après le bombardement de la maison voisine, mes filles sont sorties couvertes de sang. Ma mère a été blessée, mon père aussi.
« Où sont mes sœurs ? Où sont Dania et Iman ? »
Elles n’étaient plus là. Je criais, car elles étaient dans la même pièce que moi. Il n’y avait même plus de défense civile. Tout le système sanitaire et les structures de secours s’étaient effondrés. Les voisins ont commencé à chercher dans les décombres.
La tête de ma sœur est apparue. Elle était morte. Dania était morte. Elle devait se marier bientôt, vêtue de sa robe blanche. Je l’ai enterrée dans un linceul blanc. Imaginez cela.
Nous n’avions même pas eu le temps de digérer le choc que ma sœur Iman était encore coincée sous les ruines. Nous l’avons extraite peu de temps après Dania. Elle saignait abondamment, luttant pour survivre, mais elle est morte elle aussi.
Imaginez : la moitié de ma famille est partie en un seul jour. Dania et Iman sont mortes, avec notre maison et notre olivier. C’était mon premier choc.
Le second fut de découvrir que la maison que j’avais construite avec tant d’efforts, et que mon mari avait lui aussi construite avec tant de peine, avait été entièrement détruite.
La guerre a continué, et la famine a commencé à envahir tout le nord de Gaza. J’avais des enfants à nourrir. Moi, je pouvais supporter la faim, mais eux non. L’une de mes filles dépendait du lait. Il n’y en avait pas.

J’ai broyé de la nourriture pour animaux, je l’ai pétrie et j’en ai fait du pain pour nourrir mes enfants. Je suis restée sans manger pendant des jours pour leur donner ce que je pouvais.
Mon mari est allé chercher de la farine dans une zone dangereuse appelée Zikim, surnommée « les pièges de la mort ». Il a été atteint d’une balle au genou.
Ce fut mon troisième choc la même année. Je suis devenue responsable de mes enfants et de mon mari. Une mère de 25 ans portant, tout cela seule.

Nous avons été encerclés dans le quartier de Sabra, au nord. J’ai levé un tissu blanc pour signaler notre présence, mais on m’a ordonné de marcher vers le sud de Gaza à pied.
Sur la route, il y avait des centaines de corps, des voitures calcinées avec des enfants à l’intérieur, des chiens dévorant les corps des martyrs, des ambulances brûlées. Et partout, des soldats israéliens.
J’ai porté Razan du nord au sud à pied. Son père tenait la main de Sham en boitant à cause de sa blessure. J’ai laissé derrière moi ma maison, la maison de ma famille, les tombes de mes sœurs, ma terre natale. J’ai prié pour mourir à ce moment-là.
Arrivée au sud, les chars étaient encore derrière nous. Je me suis assise près de la mer, sans abri, sans nourriture, sans rien, même pas une tente.

Un médecin étranger nommé Medhat m’a aidée. Il a fourni une tente à mon mari blessé et m’a encouragée à lancer une campagne de dons.
Certaines personnes ont commencé à m’aider légèrement.
Ils m’ont tout pris : la sécurité, ma famille, les efforts que j’avais fournis. Ils m’ont laissé une responsabilité écrasante.
Mais je me considère chanceuse. Vous allez peut-être dire que c’est absurde. Mais je suis chanceuse parce que mes enfants sont en vie, parce qu’ils sont encore avec moi.
Même si Sham souffre d’un grave traumatisme psychologique : au bruit d’une bombe, elle hurle, se bouche les oreilles, tremble, refuse de dormir seule. Elle dit la nuit : « Maman, ne nous laisse pas comme Dania et Iman. »
Israël n’a pas seulement volé ma maison. Il a volé ma famille, mon âme, mon foyer, mon olivier. Il a détruit mon université. Il me restait une année avant de terminer mes études en optique.
Ils ont volé toute ma vie.
Nous ne sommes pas des chiffres. Chacun de nous a une histoire.
Je vous ai raconté certains événements, mais pas tous les détails. Parmi eux, le fait qu’ils ont détruit le cimetière où mes sœurs étaient enterrées et laissé les corps exposés. Mon père a perdu la raison et a fait un accident vasculaire cérébral. Imaginez travailler cinquante ans pour une maison, puis la voir détruite en quelques secondes.
J’ai bu de l’eau mélangée à du sel pendant six jours pour éviter que mes intestins ne se détériorent, car je n’avais pas mangé depuis des jours.

Et il y a cette phrase de ma fille : « Maman, ne laisse pas ces sionistes nous toucher. »
Aujourd’hui, j’essaie de faire oublier à mes enfants ce que nous avons vécu.
J’essaie d’embellir leur vie, de détourner leur attention, de leur fournir ce que je peux.
Peut-être me demanderez-vous : qu’as-tu fait pour toi-même, Amal ?
Je vous répondrai : rien. Parce qu’Israël m’a tout pris, mon ami. La vie est devenue extrêmement difficile. Nous marchons des kilomètres pour trouver de l’eau, pour nous laver et cuisiner.
Tout est devenu trois fois plus cher. Il n’y a plus d’écoles. Trois années de la vie de ma fille Sham ont été perdues.
Mon rêve de diplôme est devenu un mirage. Ils veulent créer une génération sans éducation à Gaza.
Même les soins médicaux sont inexistants. Ma fille souffre d’un traumatisme grave. Même les analgésiques sont introuvables.

Je lave les vêtements à la main.
Nous faisons du feu pour cuisiner, dans le froid extrême, sans endroit sec.
Je mets parfois une image de feu sur mon téléphone pour faire croire à mes enfants qu’il y a de la chaleur.
Chaque souvenir de ma maison me fait pleurer. Comment peut-on passer d’une maison, confortable à une tente, incapable de protéger du froid, et de la chaleur ?
Quand je vois des discours sur les droits humains, je ris. Car ici, je n’ai aucun droit, même pas celui de la sécurité, le plus élémentaire.
Et comment pourrais-je expliquer à ma fille les organisations de droits de l’enfant et la justice du monde ?
Ce n’est pas seulement une guerre. Ils ont détruit nos esprits.
À chaque souvenir des soldats, des missiles, des messages de reddition, je tremble.
Nous souffrons tous de stress post-traumatique. Je fais de mon mieux pour ne pas le montrer à mes enfants.
Peut-être que mon histoire est moins terrible que d’autres. Une amie a perdu toute sa famille et est la seule survivante, paralysée, tous ses membres brisés.
Quand je la vois, je perds la raison.

Le pire, ce sont les ordres d’évacuation. Nous avons été déplacés 13 fois. À chaque fois, je perds tout et je recommence à zéro.
L’évacuation signifie fuir avec sa vie seulement. Mes enfants pleuraient : « Nous ne voulons plus être déplacés. »
Comment peut-on m’appeler déplacée dans mon propre pays ?
Que devrais-je emporter ? Des vêtements usés ? Une couverture ? Rien n’est suffisant.
Pourquoi ne pas quitter le pays ? D’abord, le coût est impossible et nous ne pouvons pas partir. Nous sommes comme prisonniers dans une cage de destruction. Ensuite, je me sens coupable. Quitter ma terre serait une trahison. Gaza est tout ce que j’ai.

Mes racines sont ici. Je ne peux pas partir. J’ai déjà tout donné à Gaza : ma maison, mes sœurs, ma santé mentale, l’enfance de mes enfants. Je ne trahirai pas Gaza.
Ce n’était pas une guerre ordinaire, c’était un génocide, toujours en cours. Peut-être que pendant que vous lisez ces lignes, une bombe tombera sur ma tente.
Je ne suis pas un chiffre. Je suis une histoire.
Ne m'oubliez pas, et n’oubliez pas Gaza.

Ce témoignage d’Amal raconte une réalité de survie quotidienne à Gaza, marquée par le déplacement, la destruction des infrastructures et l’extrême difficulté d’accès aux biens de première nécessité. Amal et sa famille ont mis en place une cagnotte de solidarité afin de pouvoir recevoir des dons. Ces contributions servent directement à répondre aux besoins urgents : nourriture, eau potable, soins médicaux, abri et produits de première nécessité. Dans le contexte actuel à Gaza, les systèmes essentiels (santé, distribution alimentaire, accès à l’eau et à l’électricité) sont fortement dégradés ou partiellement effondrés. L’aide directe aux familles devient donc un moyen concret de survie au quotidien. Chaque contribution permet de soutenir une famille confrontée à des conditions de vie extrêmement précaires et à des déplacements répétés.
Merci à toutes celles et ceux qui prendront part à cette aide. Votre solidarité fait une différence réelle.

Texte original :
السلام عليكم ، انا امل من غزة ، امتلك الكثير من الجذور في فلسطين ، جدي من عسقلان و جدتي من المجدل ، ولد والدي في عسقلان ، لكن امي من غزة ، اذن انا مزيج من عسقلان و غزة ، ولدت في عائلة حنونة ، احبها و تحبني ، ابي عامل بناء ، عمل بجد و تعب لكي اعيش انا و اخواتي الثلاثة ب بيت رائع ، امي تعمل ك ممرضة ، اذ سمعت ب مستشفي الشفاء ، امي كانت تعمل هناك لاكثر من ٢٠ عاما ، ولدت في بيت يحب العلم و العمل و الصبر ، عملتنا امي ان هذه الارض لنا منذ الازل ، شجرة الزيتون الموجودة ب فناء منزلنا كانت ل اجداد اجدادي ، كان لدينا بيت هادى ، كبرت و تعلمت ، كنت متفوقة ب المدرسة كثيرا و حصلت علي معدل 82% في الفرع العلمي ، تزوجت مبكرا ، لقد درست علم البصريات لان لدي شغف هناك ،تذكر اني بدات الدراسة لاني ساخبرك ماذا حدث ل جامعتي ، و انجبت طفلتين الكبيرة شام و الاصغر رزان ، كنت اعمل و اتعلم و كنت حامل ب طفلتي ب نفس الوقت ، فقط ل ابني عائلة في نفس الوقت احقق احلامي ، كذلك زوجي يعمل ١٦ ساعة لكي نستطيع بناء عائلة و مستقبل ل شام و رزان ،،،،، فجاة ، كل شي انقلب ، عند تاريخ ٧ من اكتوبر ، رايت الصواريخ تتساقط علينا ب كثافة ، ، القنابل تتفجر ب القرب مناا ، اطفالي مذعورين جدا ، اول شي خطر الي ذهني هو ان اذهب و ابقي بجانب عائلتي ، ان كنت ساموت ، ساموت في ذلك المنزل الذي ولدت به ، بدات حياتنا تتغير ، وكااننا عدنا قرون للوراء ، لا كهرباء ولا طعام و لا حتي امان ، كل شي مخيف ، جثث ب الشوارع ، الغام ب الطرقات ، الخوف في عيووننا ، وقلبي يشعر ان شي ما سيحدث ، فجاة وجدت نفسي تحت الركام اصرخ ، اطفالي ، امي ، اخواتي ، بعد ان تم رمي القنابل علي البيت المجاور لنا ، لقد خرجت طفلتي و كل راسها دماء و طفلتي الاخري كذلك ، اصيبت امي ، وابي ايضا اين اخواتي؟؟اختي دانيا ، اختي ايمان ، انهم غير موجودين ، اصبحت اصرخ اخواتي كانو ب نفس الغرفة التي اتواجد بها ، لم يكن هناك دفاع مدني حتي ، كل الانظمة الصحية و الدفاعية انهارت ، اصبح الجيران ينبشون علي اخواتي في الركام ، ظهر راس اختي ، كانت قد فارقت الحياة ، دانيا ماتت ، كانت دانيا ستزف عروس ل زوجها بالبدلة البيضاء ، لقد دفنتها ب كفن ابيض ، تخيل ذلك ، لم نتجاوز الصدمة ، و ظلت اختي ايمان عالقة تحت الركام ، بقينا نبحث عنها ، اخرجناها بعد مدة ، قصيرة من استخراج دانية كانت تنزف دما ، كانت تصارع هذه الحياة اللعينة ل تعيش ، لكنها رحلت مع اختي دانية ، تخيل لقد رحلت نصف عائلتي في يوم واحد ، ذهبت دانيا و ايمان و منزلنا و شجرة الزيتون ، كانت هذه الصدمة الاولي لي ، الصدمة الثانية هي ان منزلي الذي بنيته بتعب و الذي تعب زوجي في بنائه ايضا تم تدميرة بالكامل ، استمرت الحرب و بدات المجاعة تجتاح شمال غزة بالكامل ، لدي اطفال ماذا اطعمهم ، انا استطيع ان اصبر علي الجوع لكن اطفالي ، احداهم تعتمد علي الحليب ب شكل اساسي ، لكن لا يوجد حليب لقد قمت ب طحن علف الحيوانات و عجنه و صنع الخبز و اطعمته ل اطفالي ، صمت لايام لكي اوفر الطعام ل ابنائي ، ذهب زوجي ل يوفر الطحين من منطقة خطيرة تسمي منطقة زكيم ، كانت تسمي مصائد الموت ، ف تم قنصه ب رصاصة في ركبته ، كانت هذه الصدمة الثالثة في نفس العام ، اصبحت المسولة عن اطفالي و زوجي ، انا المعيل الوحيد لهم ، ام تبلغ ٢٥ عام تتحمل كل هذا ، تم محاصرتنا في منطقة تسمي الصبرة ، في الشمال ، لقد رفعت قطعة قماش بيضاء لهم ، لكنهم امروني ب ان اذهب ل جنوب غزة مشيا ، طول الطريق هناك مئات الجثث ، سيارات متفحمة بداخلها اطفال فارقو الحياة ، كلاب تاكل لحوم الشهداء ، اسعافات محروقة و مشتعلة بها النار ، و الكثير الكثير من جنود اسرائيل ، لقد حملت رزان من الشمال للجنوب مشيا و مومن كان يمسك ب يد شام و يعرج علي قدمه المصابه ، تركت خلفي بيت ، و بيت عائلتي ، قبور اخواتي ، مسقط راسي ، وذهبت ل جنوب غزة ، كنت اتمني ان اموت في تلك اللحظات ، من شدة الخوف و القلق ، وصلت الجنوب و الدبابات خلفي ، جلست عند البحر ، دون ماوي ولا طعام و لا اي مقومات حياة ولا حتي خيمة ، ساعدني دكتور اجنبي يسمي مدحت ووفر ل زوجي خيمة لانه مصاب ، واقترح علي عمل حملة ل جمع التبرعات و ساعدني بذلك و بدا بعض الناس يساعدوني بشكل بسيط بامكانك ايجاد تلك الحملة في اخر النص ، لقد اخذو مني الامان و الاهل ، اخذو مني التعب الذي بذلته ، ، اعطوني مسولية كبيرة جدا ، لكني محظوظة ، اعلم انك ستقول ما هذا الهراء كيف محظوظة ، محظوظة لان اطفالي بخير ، لاني ما زلت بجانبهم بالرغم من ان ، شام عانت من مرض نفسي خطير ، اذ سمعت صوت قنبلة تصرخ بشدة ، تبكي ، تغلق اذنيها و تتشنج ، تخاف ان تنام وحيدة ، كانت تهلوس ليلا امي لا تتركينا مثلما فعلو دانيا و ايمان ، اسرائيل لم تسرق بيتي فقط ، سرقت عائلتي ، سرقت روحي ، سرقت منزلي و شجرة الزيتون ، سرقت و هدمت جامعتي ، هل تتذكر عندنا قلت اني كنت ادرس البصريات ، لقد دمرو جامعتي ، كان لدي فقط سنة دراسية و ساتخرج ، اسرائيل سرقت حياتي كلهاا ، نحن لسنا ارقام ، لكل منا حكاية ، لقد شرحت لك بعض المواقف التي عشتها ، لكني لم اخبرك ب التفاصيل ، احدي تلك التفاصيل هي ان اسرائيل جرفت المقبرة التي بها اخواتي و جعلو الكلاب تاكل الجثث ، بعض تلك التفاصيل ان والدي اصبح لا يدرك اي شي ، لقد جن جنونه حرفيا و اصيب ب جلطة ، تخيل ان تعمل ٥٠ عاما من اجل منزل ثم يتم تدميره ب ثواني ، بعض تلك التفاصيل لقد شربت الماء و الملح لمدة ٦ ايام كي لا تتعفن امعائي لاني لم اكل منذ ايام ، بعض تلك التفاصيل عندما قالت طفلتي" يا امي لا تدعي اولئك الصهاينة يلمسوننا " وانا اليوم احاول ان اجعل اطفالي ينسو ما عشنااه ، احاول تجميل لهم حياتهم ، احاول تشتيت انتباهم ، توفير كل شي لهم ، ربما ستقول لي هل قدمت شي ل نفسك يا امل ؟ ساقول لك لا لان اسرائيل سرقت مني كل شي يا صديقي 💔
اصبح كل شي صعب بصورة كبيرة ، نستيقظ صباحا و نمشي اميال و اميال ل نحصل على ، و ماء نستخدمه للغسل و الطعام ، و ثم تبدا رحلة البحث عن الطعام ، كل شي غالي ب بنسبة كبيرة كل شي سعره مضاعف ٣ اضعاف من سعره الطبيعي ، لا مدارس متوفرة او متاحة اسرائيل دمرت كل المرافق التعليمية ، لقد ضاع ٣ اعوام من عمر شام طفلتي دون ان تتعلم ، حتي ان حلمي بالتخرج اصبح مجرد خيال، اسرائيل تود ان تنشى جيل جاهل تماما في غزة و حتي العلاج ، طفلتي مصابة ب مرض نفسي صنف ك مرض خطير بسبب ما راته من الصهاينة ، حتي المسكنات لم نكن نجدها ، اغسل الملابس ب شكل يدوي ، نشعل النار ل صنع الطعام ، تخيل ان يكون الجو في غاية البرودة و تود ان تشعل نار ل صنع شي ، ولا يوجد مكان جاف تقوم ب صنع الطعام به ، حتي البرد كان قارس ،كنت اضع صورة نار علي هاتفي و اقول ل اطفالي تخيلو انها مدفئة فقط لاشعرهم بالدفء ، في كل مرة اتذكر منزلي و دفئه ابدا بالبكاء ، كيف يمكن ل شخص ان يكون ب بيت به كل سبل الرفاهية الي خيمة مهترئة لا تتحمل برد الشتاء او حر الصيف عندنا اري اي مجلة تقول عن حقوق الانسان اضحك ، لانه ببساطة لا املك اي حقوق هنا ، حتي حق الامان و هو ابسط الحقوق لا يتوفر ، كيف ساقنع طفلتي ب منظمات حقوق الطفل و عدالة العالم ؟ لم يقتصر الامر علي الحياة و المتاعب الجسدية ، انهم دمرو صحتنا النفسية ، في كل مرة اتذكر صوت جنود اسرائيل و هم يرسلون لنا رسائل ب تسليم انفسنا ارتعب ، او اتذكر صوت القنابل و الدبابات و الصواريخ و الرصاص العشوائي ، كلنا ب غزة نعاني من مرض نفسي يسمي مرض ما بعد الصدمة ، لا يمكننا استيعاب ما يحدث هنا حتي ، انا ك ام احاول ب كل قوة عدم اظهار ذلك لاطفالي لاني اعلم انهم يعتقدون اني مصدر الامان هل تعلم ربما قصتي تعتبر افضل من القصص الاخري ، لدي صديقة فقدت كل عائلتها ، تعتبر الناجية الوحيدة من عائلتها ، وليس ذلك فقط ، انها مشلولة ، لان كل اطرافها تقطعت ، عندما اراها ، افقد عقلي ، كيف يمكن مواساة شخص كهذا ؟ اصعب شي عندما يامروونا بالاخلاء لتدمير المنطقة الموجودة بها ، لقد قمت ب الاخلاء و النزوح ١٣ مرة ، في كل مرة افقد كل ما املك و ابدا من الصفر ، ما هو الاخلاء ، هو ان تهرب وو تنجو ب روحك فقط ، لا تاخذ اي شي معك ، عندما كانت تصدر اوامر بلاخلاء ل المنطقة المتواجدة بها ، اصيب ب صدمة ، اطفالي يبكون لا نريد النزوح مرة اخري ، انتظر كيف يطلقون علي اسم نازح و انا في بلدي ؟ سوال لن تجد له اجابة ماذا ساحمل معي ، هل احمل ملابسي البالية ام غطاء ل اطفالي من البرد ، ام اغراضي الشخصية ، كيف يمكن للمرء ان ينجو في كل مرة تفرض عليه اسرائيل الموت ستقول لي لماذا لا تغادر ، اولا تكلفة السفر عالية جدا جدا ولا يسمحون لنا بالخروج ابدا ، وكااني اسير ب سجن كله دمار و موت و دم و خراب و ننتظر اسرائيل تفتح باب القفص ل تطردنا ثانيا ، اشعر بالذنب عندنا افكر ب الذهاب من هنا ، كيف اترك بلدي و مسقط راسي ، كيف اترك ركام منزلي ، كانني اخون غزة ، كاني شخص سئ جدا من يترك بلاده و هى تعاني ، انها غزة يا رفاق ، انها كل ما املك ، انا انتمي الي هذا المكان ، حذوري هنا ، لا اتركهاا ، لقد قدمت الكثير ل غزة ، قدمت منزلي و قدمت اخواتي شهداء ، قدمت صحتي النفسية ، قدمت طفولة اطفالي ، قدمت التعب الذي اعيشه ، ساعدت ابناء شعبي بكل ما اوتيت من قوة ، انا لا اخون غزة 🇵🇸✌️
. لكم تكن حرب عادية لقد كانت ابادة جماعية ، ما زالت مستمرة ، ربما عندما تكون تقرا قصتي الان ، تكون اسرائيل قد رمت قنبلة علي خيمتي و مت انا و اطفالي انا لست رقم ، انا حكاية ، لكل منا حياة هنا ، لا تنسوني و لا تنسو غزة 🇵🇸🍉🫂



