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Soudan : 200 000 nouveaux déplacés, la famine gagne du terrain.

5 sept.
6 min de lecture

Des Soudanais déplacés rassemblés dans un camp de réfugiés au Soudan, alors que la guerre et la crise humanitaire aggravent les conditions de vie.

Le conflit au Soudan, déclenché le 15 avril 2023, constitue une lutte acharnée pour le contrôle du pays entre les Forces armées soudanaises (SAF) et le puissant groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide (RSF). Cette guerre a rapidement fragmenté le pays et fait plus de 150 000 morts, provoquant l’une des crises humanitaires et des situations de déplacement de population les plus graves de l’histoire récente.


Selon les dernières informations disponibles, plus de 200 000 civils soudanais nouvellement déplacés se retrouvent sans abri dans la région du Kordofan, privés des biens et services essentiels en raison de la poursuite du conflit.


Un afflux massif de population.


La région du Kordofan est divisée en trois États : le Kordofan du Nord, le Kordofan du Sud et le Kordofan occidental. Tous trois ont connu un afflux massif de personnes fuyant les violences.


Dans l’État du Kordofan du Nord, la ville d’El-Obeid a notamment enregistré une augmentation considérable du nombre de personnes déplacées, malgré le siège brutal auquel elle est confrontée. Des populations continuent d’y chercher refuge, faisant passer, selon les estimations, sa population de 750 000 à 3,4 millions d’habitants. Cette croissance exerce une pression considérable sur des infrastructures qui disposent déjà d’un accès très limité aux services essentiels.


L’organisation humanitaire Save the Children a ainsi déclaré que « 39 000 enfants ont afflué vers El-Obeid au cours du seul premier semestre de cette année ».


La région a également été durement touchée par des inondations provoquées par de fortes pluies et des conditions météorologiques extrêmes. Celles-ci ont détruit des abris déjà précaires, aggravant encore davantage la situation.


Par ailleurs, les principaux transformateurs électriques et dépôts de carburant d’El-Obeid ont été pris pour cible à plusieurs reprises, provoquant d’importantes coupures d’électricité.


Pourquoi la guerre au Soudan a-t-elle commencé ?


En 2019, d’importantes manifestations populaires ont conduit l’armée à renverser le dictateur Omar el-Béchir, qui dirigeait le Soudan depuis plusieurs décennies.


Dans un premier temps, le général Abdel Fattah al-Burhan et Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », ont collaboré au sein du gouvernement de transition dominé par les militaires. Mais les tensions se sont rapidement intensifiées autour du projet d’intégration des quelque 100 000 membres des Forces de soutien rapide au sein de l’armée nationale.

Face à cette perspective, les deux dirigeants se sont montrés réticents à abandonner leur pouvoir et incapables de parvenir à un compromis. L’escalade des tensions a finalement débouché sur un affrontement armé ouvert entre leurs forces.


Une catastrophe humanitaire pour les civils.


L’impact de la guerre sur les populations civiles est catastrophique dans l’ensemble du Soudan.


La famine a officiellement été déclarée dans plusieurs régions du pays, notamment dans certaines zones du Darfour, vaste région située à l’ouest du Soudan. Plus de 26 millions de personnes sont confrontées à des niveaux extrêmes d’insécurité alimentaire, alors que la guerre a dévasté le secteur agricole, profondément fragilisé l’économie et détruit les principales routes commerciales.


Les Nations unies ont averti que l’avenir des enfants soudanais était en train de « leur échapper ». Plus de 8 millions d’enfants sont aujourd’hui privés d’accès à l’éducation, alors que près de 75 % des établissements scolaires du pays ont été endommagés ou contraints de fermer.


À cela s’ajoutent des millions d’enfants et de femmes enceintes confrontés à des formes sévères de malnutrition aiguë.


La crise alimentaire s’accompagne également d’une importante épidémie de choléra qui s’est propagée dans plusieurs régions. Les taux les plus élevés sont notamment enregistrés au Darfour, où les camps de personnes déplacées sont surpeuplés et où les systèmes d’approvisionnement en eau ont été lourdement endommagés.


Où est passée l’aide internationale ?


Les organisations humanitaires internationales rencontrent des difficultés considérables dans leurs efforts pour venir en aide à la population soudanaise. Les deux camps armés entravent l’acheminement de nourriture et de fournitures médicales essentielles vers les régions les plus durement touchées.


Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, a déclaré :

« Les besoins humanitaires continuent de dépasser de très loin les financements disponibles, et nous appelons de toute urgence la communauté internationale à renforcer son soutien. Nous ne pouvons pas détourner le regard face aux souffrances des enfants au Soudan. »


Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), l’organisation est incapable d’atteindre 90 % des personnes confrontées à la faim en raison des restrictions et des obstacles imposés à l’aide humanitaire.


À cela s’ajoute le sous-financement critique des organisations humanitaires internationales, qui ne reçoivent qu’une infime partie des fonds nécessaires pour répondre efficacement à la crise et maintenir leurs opérations essentielles.


Au total, plus de 21 millions de personnes au Soudan sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë et plus de 14 millions ont été déplacées. Le pays connaît ainsi l’une des crises humanitaires les plus graves de notre époque.


Sans action immédiate et sans renforcement massif de l’aide humanitaire, la situation continuera de se détériorer et le nombre de victimes risque de s’alourdir.


Les agences des Nations unies, notamment le HCR et le PAM, ont publié une déclaration commune appelant les gouvernements à « ouvrir la voie à l’acheminement de nourriture, d’eau et de médicaments ». Selon elles, « le Soudan a besoin d’un accès humanitaire sans entrave, de financements et d’une issue politique permettant de mettre fin au conflit ».


Samar Sadullah


Samar Sadullah - Bloc Populaire

Sudan: crisis continues with 200,000 newly displaced forced to flee & famine rising en masse.


The conflict in Sudan, was initiated on April 15th 2023, and is a fierce battle for control between the Sudanese Armed Forces (SAF) and the influential paramilitary group known as the Rapid Support Forces (RSF). This conflict has rapidly divided the nation, and has resulted in more than 150,000 fatalities, triggering one of the most severe humanitarian and displacement emergencies in recent history.


In most recent updates, more than 200,000 newly displaced Sudanese civilians have been left homeless in the Kordofan region - inept of basic supplies due to the ongoing war. 


An influx of people:


The Kordofan region is split into three states - North, South and West. All three states have faced an immense influx of people trying to flee from the ongoing violence, in particular, the city of El Obeid in the North state has had a large rise of people fleeing to there, despite a brutal ongoing siege, people have attempted to find refuge in the city, with an estimated rise from 750,000 to 3.4 million - adding pressure to the city’s already minimal access to essential amenities. Humanitarian group Save the Children have stated “39,000 children have flooded into El Obeid alone during the first half of this year.”


This area has also been hit with severe flooding due to heavy rain and severe weather conditions, which has washed away existing shelter - creating an even worsening situation. As well as this, main electrical transformers and fuel depots in El Obeid have been repeatedly hit, causing major power outages. 


Why did the war begin?


In 2019, widespread protests led to the military expulsion of Sudan’s longstanding dictator, Omar al-Bashir. At first both General Burhan and Hemedti collaborated to control the military-led transitional government, but conflict escalated over the efforts to integrate the 100,000-member Rapid Support Forces into the national army. 


Due to these eruptions, both of these opposing leaders were reluctant to renounce their authority or appease to each other’s requests, that resulted in ultimately sparking outright conflict between them.


The impact the war has had on civilians is catastrophic across the whole of Sudan. Famine has been officially declared in multiple parts of the country, including parts of the large western region of Darfur, where over 26 million people are facing extreme hunger, as the war has completely destroyed their agricultural industry - absolutely devastating the economy, and completely eliminating trade routes.


The United Nations has warned that the future of Sudan's children is rapidly “slipping away” and that more than 8 million children are currently out of essential education, which has been caused by almost 75% of the country’s educational facilities being damaged or completely closed off. To make matters even worse, there are millions of children and pregnant women that are facing severe levels of acute malnutrition.


To add to the famine element, an outbreak of cholera has swept across regions - with particularly high rates of the disease recorded in Darfur, due to overcrowded refugee camps and damaged water systems. 


Where is international aid? 


International aid organisations are facing the most severe challenges in their attempts in assisting the Sudanese population, due to both sides of the armed forces preventing the entry of urgent food and medical supplies to reach the most affected regions. 


Catherine Russell, Executive Director of UNICEF stated “Humanitarian needs continue to drastically outpace funding, and we're urgently appealing to the international community to strengthen its support. We cannot look away from the suffering of children in Sudan.”


According to the World Food Programme, their organisation is unable to reach 90% of those facing hunger due to these extreme preventative measures in place. In addition to this, international aid organisations are being critically underfunded, as they are receiving only a tiny fraction of the funds that are so desperately  needed to effectively address the crisis and carry out essential operations.


Overall, over 21 million people in Sudan are facing acute hunger and over 14 million have been displaced - making this one of the most severe humanitarian crises of our time. Without immediate action and humanitarian relief, this situation will continue to worsen and death tolls will rise. 


United Nations Agencies including UNHCR & WFP released a combined statement demanding that “governments clear the path for food, water, and medicine: What Sudan needs is unfettered access, funding and a political way forward to end the conflict.”


Samar Sadullah


Samar Sadullah - Bloc Populaire


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