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Face aux dérives autoritaires, réponse unitaire : quelle tâche face à l’autoritarisme ?

30 oct.
5 min de lecture
Manifestant brandissant une pancarte: 15 ans main arrachée, 16 ans éborgné, 17 ans main arrachée, 17 ans éborgné, foule urbaine.

Depuis le 31 août, les lycées se mobilisent pour revendiquer des conditions d’études dignes, des locaux en bon état et plus de profs, mieux payés. Cette contestation, qui a commencé dans les territoires dits d’outre-mer, a très vite gagné l’Hexagone et notamment les lycées de banlieue, deux zones très touchées par la dégradation des conditions d’études. Cette mobilisation a été largement suivie nationalement et plusieurs centaines de lycées se sont retrouvés bloqués quasi quotidiennement depuis deux semaines. Cette mobilisation s’est depuis étendue à d’autres secteurs. Motivé·es par la répression vécue par les lycéen·nes et un renouveau du mouvement des Gilets jaunes, la mobilisation a connu un pic le 17 octobre. En effet, après les premiers signes de répression, les étudiant·es se sont massivement mobilisé·es et ont rajouté leurs revendications historiques : la fin des systèmes de sélection, la fin de Bienvenue en France. Et la majorité des travailleur·euses se mobilisent pour des conditions de vie dignes.


Sous le quinquennat Macron, le pouvoir présidentiel, déjà bien institutionnalisé, n’a cessé de croître. Entre utilisation de pouvoirs entièrement antidémocratiques et mépris pour les mobilisations populaires, les gouvernements macronistes ont fait voler l’illusion de la démocratie bourgeoise. La mobilisation actuelle montre un franc passage vers un autoritarisme assumé. Entre une répression policière mortelle et une interdiction des manifestations, le gouvernement fait tout pour faire taire la mobilisation et donc l’opposition. Face à une demande légitime de simplement vivre, la répression policière a fait deux morts le week-end du 17, des dizaines de mutilé·es depuis le début du mouvement. Les manifestant·es sont également criminaliser et la mise aux ordres du système judiciaire par le gouvernement montre la nature de répression sociale du système carcérale. L’utilisation des forces répressives ultraviolentes s’allie à une désinformation constante visant le parti de France le plus puissant dans l’opposition au capitalisme. Malgré sa modération et son légalisme, LFI est constamment pris pour cible par le gouvernement, qui demande à sa police de lui mettre toute la faute des contestations sur le dos. Dans le but clair de dresser un front uni de la bourgeoisie contre lui. Cette méthode est historiquement une des étapes claires de la fascisation de la société. Nous rentrons donc dans une nouvelle phase de la fascisation du pays, déjà largement entamée.


Cette nouvelle étape démontre une réalité historique : l’extrême centre s’allie toujours avec l’extrême droite lorsque le système capitaliste est en danger. Cette réalité qui s’est vue en 1922, en Italie, où le roi Victor-Emmanuel II appelle Mussolini au pouvoir, en 1933, lorsque le président Hindenburg nomme Hitler chancelier, ou en 1972-1973, au Chili, lorsque la bourgeoisie chilienne prépare le coup d’État de Pinochet. L’extrême centre et la droite française sont aujourd’hui en plein soutien à l’extrême droite. À Toulouse, le 24, un manifestant a perdu une main, les gazages ont eu lieu toute la journée. Pourtant, lorsque des attroupements d’extrême droite se baladent dans le centre-ville, pourtant censé être interdit à toute manifestation, la police n’intervient. Pire, alors qu’une manifestation était organisée à Orléans en réponse au lancement de campagne de la criminelle d’extrême droite Marine Le Pen, la police a immobilisé plusieurs bus de manifestants à plus d’UNE HEURE de route de la ville, afin de les empêcher de participer à la manifestation. De nombreuse personnes, dont notre camarade Nicola Lopez, ont été frappé d’une interdiction de se rendre dans la ville et d’une obligation de pointé au commissariat. Ce soutien du gouvernement à des mouvements liés au néofascisme n’est pas une surprise. Les deux idées soutiennent le même système capitaliste et, lorsque l’illusion démocratique s’effondre, ce sont les fascistes qui prennent le pouvoir. Ces derniers jours nous ont bien prouvé que l’extrême droite protégeait le gouvernement en retour, que ce soit lors de l’attaque contre des manifestants à Rouen ou à Nice, qui a fait 3 blessés. Les soutiens du capitalisme s’entraident. À Dijon, la police va même jusqu’à protéger des néonazis caillassant les manifestant·es, à Montpellier, ont vu les CRS arrêter un camarade et le tabasser, tout en laissant partir les nazis responsables. Cette entraide entre libéraux et néo-fascistes n’est pas étonnante : ils défendent le même système et ont des intérêts communs. La survenance d’un attentat raciste en plein milieu de la mobilisation, la veille de dizaines d’attaques d’extrême droite sur des cortèges, n’est pas un hasard. Il est directement causé par la propagande de certains médias d’extrême droite et d’extrême centre, mettant l’immigration responsable de la révolte populaire faisant flancher leur système tant adoré. L’interdiction d’un rassemblement de soutiens aux victimes à Paris par le gouvernement puis l’envoie de la Brav M pour réprimer la solution de replis montre la couverture de cette attentat par le gouvernements. 


La dernière arme du gouvernement est la division du mouvement social. En effet, les médias bourgeois ont créé une division entre l’aile modérée du mouvement et son aile plus radicale, en usant d’une propagande intense contre les nouvelles formes de sabotage. Moyen historiquement utilisé dans les mouvements sociaux, le sabotage vise à entraver la production des produits et à monter le coût d’entretien du capital. Permettant ainsi d’attaquer les capitalistes sur leur seul amour : le bénéfice. Mais en France, le basculement du marché vers une majorité des bénéfices venant de produits produits à l’étranger a forcé ce modèle à se renouveler. Le sabotage doit se faire sur les ventes, en réquisitionnant les produits déjà faits et en les redistribuant. Dans le secteur publicitaire, le sabotage peut continuer comme historiquement. Cependant, la propagande médiatique fait de ce phénomène transformé une nouveauté, ce qui pousse l’aile modérée du mouvement à le condamner, divisant ainsi le mouvement et justifiant la répression.


Le second effort de division du mouvement se porte sur les syndicats : en leur octroyant le bénéfice d’être les seuls à déclarer les manifestations, le gouvernement fait mine de les considérer comme des alliés. Ce discours les accusant de trahison du mouvement ouvrier est repris par les ailes les moins matérialistes du mouvement, résultant en des attaques sur des camarades et divisant le mouvement. Pourtant, les syndicats de lutte n’ont pas cessé de montrer leur combativité, en prêtant leurs locaux pour des AG, comme la Bourse du travail à Toulouse, prêtée pour les AG lycéennes. L’accusation de laisser la répression policière se faire est également une des plus faciles à démonter : il n’est pas rare de voir les syndicalistes en première ligne, en chaîne, se prendre les coups pour protéger le cortège. La stratégie de division du macronisme est une des plus importantes pour pousser la contestation à s’essouffler.


Face à ces attaques autoritaires, la réponse se doit d’être unitaire. Nous devons nous former collectivement à l’autodéfense collective, afin de pouvoir répondre aussi bien aux attaques policières qu’à celles des néofascistes. Nous devons mettre en pratique la société que nous voulons voir. La formation des militant·es à avancer en chaînes afin d’empêcher les interpellations, de faciliter le travail des médic, en leur fournissant le matériel de soins nécessaire et en protégeant leurs interventions. L’autodéfense du mouvement ne peut se faire qu’en restant uni·es contre l’autoritarisme du régime bourgeois. Nous devons nous défaire des biais virilistes qui poussent certains militant a avoir leur petit exploit personnel quitte à mettre la réussite politique du mouvement en danger. Nous devons nous débarrasser de notre envie d’accuser un mode du mouvement d’être contre-révolutionnaire pour faire 8 000 likes. La réussite du mouvement passera par la mise en échec des forces répressives, aussi bien divisionnaires que judiciaires et policières, afin de construire une grève générale reconductible.



Maceo Briffaz - Bloc Populaire -

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