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Ce que nous refusons de voir.

30 sept.
3 min de lecture

Imagine un pays. Plus d'un million de personnes enfermées dans des camps. Stérilisations forcées, enfants arrachés à leurs familles et placés dans des internats d'État, mosquées rasées, une langue et une culture effacées systématiquement. Les Nations unies ont qualifié cela de crime contre l'humanité. Un tribunal indépendant a prononcé le mot génocide.


Doğu Türkistan. Ce que la Chine appelle le Xinjiang.


Depuis 2017, les Ouïghours subissent détentions, surveillance et atteintes à leur identité au Xinjiang. Pourquoi ces crimes restent-ils si peu visibles ?

Depuis 2017, plus d'un demi-million d'Ouïghours sont toujours détenus. Ceux qui entrent dans les camps sont contraints d'abandonner leur langue, leur religion, leur identité, sous couvert de « rééducation ». Ceux qui restent dehors vivent sous une surveillance permanente : fouilles de téléphones, caméras de reconnaissance faciale, système de délation entre voisins. En juillet 2025, la Commission de santé du Xinjiang a annoncé son intention de faire passer le nombre de centres de transplantation d'organes de la région de trois à neuf d'ici 2030. Les experts en droits humains et les professionnels de santé ont accueilli cette annonce avec une profonde inquiétude, le taux de don d'organes dans la région étant très en dessous de la moyenne nationale.


Des condamnations internationales ont été émises, des résolutions ont été adoptées. Mais il n'existe toujours pas de mécanisme concret pour demander des comptes.


À Gaza, la faim est devenue une tactique de guerre. Au Soudan, des femmes subissent des violences systématiques. Au Congo, une guerre menée pour des minerais de sang dure depuis des décennies.


Tous ces cas ont un dénominateur commun : le monde voit, mais ne regarde pas.


Quelles souffrances font la une, quel génocide est nommé, ce ne sont pas des décisions morales. Ce sont des décisions politiques, façonnées par des intérêts géopolitiques, des relations économiques et l'agenda des médias. Le drame des Ouïghours est étouffé face à la puissance économique de la Chine. La tragédie du Soudan est ignorée parce qu'elle ne menace pas directement les intérêts des grandes puissances. Les minerais du Congo se perdent dans les profondeurs des chaînes d'approvisionnement mondiales.


Le génocide n'est pas une question de définition. C'est une question d'humanité. Et l'épreuve de cette humanité ne réside pas seulement dans notre capacité à élever la voix quand nos propres intérêts sont menacés, mais aussi quand il s'agit d'un peuple lointain, que l'on considère comme sans rapport avec nous.


Choisir de voir ce qu’on ne veut pas voir est un acte. Choisir de se taire en est un autre.


Merve Bayram


Merve Bayram



Turkish version


GÖRMEK İSTEMEDİKLERİMİZ


Bir ülke düşün. Bir milyondan fazla insan kamplarda. Zorla sterilizasyon uygulanıyor, çocuklar ailelerinden koparılıp devlet yatılı okullarına yerleştiriliyor, camiler yıkılıyor, bir dil ve kültür sistematik olarak siliniyor. Kamplara girenler dillerini, dinlerini, kimliklerini terk etmeye zorlanıyor, buna "yeniden eğitim" deniyor. Dışarıda kalanlar ise telefon taramaları, yüz tanıma kameraları ve komşuların birbirini ihbar ettiği bir gözetim sistemiyle kuşatılmış. BM insanlığa karşı suç dedi. Bağımsız mahkeme soykırım dedi.


Doğu Türkistan. Çin'in Xinjiang dediği topraklar.


2017'den bu yana yarım milyondan fazla Uygur hâlâ gözaltında. Temmuz 2025'te bölgedeki organ nakli merkezlerinin üçten dokuza çıkarılacağı açıklandı. İnsan hakları uzmanları ve sağlık profesyonelleri bu haberi derin bir endişeyle karşıladı, çünkü bölgenin organ bağışı oranı ulusal ortalamanın çok altında.


Uluslararası kınamalar geldi, kararlar alındı. Ama somut bir hesap sorma mekanizması hâlâ yok.


Gazze'de açlık bir savaş taktiğine dönüştü. Sudan'da kadınlar sistematik şiddete maruz kalıyor. Kongo'da kan mineralleri için yürütülen savaş onlarca yıldır sürüyor.


Hepsinin ortak bir paydası var: dünya görüyor ama bakmıyor.


Hangi acının görünür olduğu, hangi soykırımın adının konulduğu, bunlar ahlaki değil, siyasi kararlar. Jeopolitik çıkarlara, ekonomik ilişkilere, medyanın ilgi alanına göre şekilleniyor. Uygurların dramı büyük ekonomik güç karşısında sessizleştiriliyor. Sudan'ın trajedisi büyük güçlerin doğrudan çıkarını tehdit etmediği için görmezden geliniyor. Kongo'nun madenleri küresel tedarik zincirinin derinliklerinde kayboluyor.


Soykırım bir tanım meselesi değil. Bir insanlık meselesi. Ve o insanlığın sınavı, yalnızca kendi çıkarlarımız tehdit altındayken değil, tamamen uzak ve "alakasız" bir halk söz konusu olduğunda da sesimizi yükseltip yükseltmediğimizde gizli.


Görmek istemediğimiz şeyleri görmek bir tercih. Susmayı seçmek de öyle.


Merve Bayram


Merve Bayram

Ce qui se fait sans nous se fait contre nous.

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